Penser le populisme

Ernesto Laclau, intellectuel critique spécialiste de théorie politique, étudie ce courant multiforme qui empoisonne généralement autant les vies politiques nationales que les chercheurs en science politique.

Olivier Doubre  • 3 avril 2008 abonné·es

Comme la plupart des disciplines en sciences sociales, la science politique a sa part d'impensé. Ou, du moins, des objets de relégation auxquels les spécialistes s'intéressent peu, si ce n'est pour leur refuser justement leur qualité d'objet digne d'être étudié. Le populisme fait assurément partie de ceux-là. Et l'on voit là toute l'opiniâtreté d'Ernesto Laclau, intellectuel critique d'origine argentine, enseignant depuis longtemps en Angleterre, qui s'attelle à un tel objet, systématiquement dénigré en tant que tel. Des accusations qui sont évidemment liées au caractère dangereux de tels mouvements, mais qui empêchent néanmoins de tenter de comprendre leur génèse et leur nature.

Ayant dirigé, avec Judith Butler et Slavoj Zizek, le volume collectif (non traduit) Contingency, Hegemony, Universality : Contemporary Dialogues on The Left , paru chez Verso en 2000 [Contingence, hégémonie, universalité : dialogues contemporains sur la gauche], Ernesto

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