« Les Occidentaux agitent des principes à géométrie variable »
Pascal Boniface, directeur
de l’Iris*, critique le récit dominant
qui est fait
de la crise géorgienne dans les médias occidentaux
et les chancelleries.
dans l’hebdo N° 1016 Acheter ce numéro
L’été a été marqué par la crise géorgienne, qui n’est d’ailleurs pas finie. Dans la présentation qui est généralement faite de cette crise, les médias mettent l’accent sur la responsabilité de la Russie. N’y a-t-il pas là une inversion des responsabilités ?
Pascal Boniface : En effet. Dans la plupart des médias, la Russie a été présentée comme l’agresseur. Certains auraient même pu dire « l’Union soviétique », car un parallèle a été établi. La petite Géorgie innocente victime du grand voisin, avec la tentation de se référer au coup de Prague en 1968, dont on commémorait l’anniversaire. Une fois de plus, c’était David contre Goliath. Autrement dit, on s’est interdit de réfléchir à la responsabilité initiale. Il n’en reste pas moins vrai que l’un des deux pays a ouvert les hostilités, et il se trouve que c’est le petit. De façon parfois consciente, parfois inconsciente, il y a une sorte de bain amniotique dans lequel baignent de nombreux commentateurs
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Espagne : la gauche radicale cherche sa voie
Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien
Au Liban, la communauté chiite forcée de subir une nouvelle guerre