Zones d’attente : l’État hors-la-loi
Un collectif d’association dénonce les violations des droits des étrangers aux frontières françaises : accès très limité aux informations, absence de moyens de communication, entrave aux visites, violences policières, etc.
dans l’hebdo N° 1022 Acheter ce numéro

Remettez en cause la légitimité d’une association citoyenne dans les centres de rétention (voir Politis n° 1018), et voilà que d’autres se manifestent, pour les zones d’attente cette fois. Le collectif de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) publie coup sur coup trois rapports qui devraient fortement déplaire à Nicolas Sarkozy. Deux d’entre eux sont le fruit d’une longue campagne d’observation dans la plus grande zone d’attente de France, à Roissy, et, c’est une nouveauté, dans la zone d’attente de l’aéroport de Paris-Orly. Dans les deux cas, « les droits des personnes maintenues sont régulièrement bafoués ».
Un groupe de migrants dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy, le 27 octobre 2003. Robine/AFP
À Orly, où l’Anafé ne dispose pas d’un accès permanent à la zone d’attente, contrairement à Roissy, « les personnes maintenues ont accès à très peu d’informations, en particulier sur leurs droits » , dénonce le collectif. Le règlement intérieur est bien affiché, mais il n’est pas à jour et il est rédigé uniquement en français, en anglais, en espagnol et en italien. « Rien en arabe ou en tamoul, par exemple, langues pourtant parlées par de nombreux maintenus. » Idem pour les formulaires remis aux étrangers. Aucune référence n’est faite au droit de demander l’asile et au nouveau recours spécifique ouvert aux demandeurs d’asile à la frontière depuis novembre 2007. En clair, « cela signifie que les maintenus disposent uniquement des informations données
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