La vie suspendue

Interpellée début novembre, une famille chinoise sans papiers a vu son destin basculer en quelques heures. Grâce à une mobilisation citoyenne, elle est pour le moment tirée d’affaire. Récit d’une arrestation ordinaire.

Xavier Frison  • 20 novembre 2008 abonné·es
La vie suspendue

La petite balade en famille a bien failli se transformer en long voyage sans retour. Le 5 novembre, M. Xia Shengxiang, Mme Gao Le et leurs enfants, Xia Shiyu (13 ans), Xia Jieting (12 ans) et Xia Félix (10 mois), se rendent à Séné, près de Vannes, chez des amis restaurateurs. Pour la préfecture du Morbihan, le couple travaille illégalement dans ce commerce pas encore ouvert au public, dont Mme Gao détient des parts. Pour le Réseau éducation sans frontières (RESF), la famille chinoise, installée à Paris depuis 1999, rend visite à des amis. Qu’importe : à la suite d’un contrôle mené par l’Urssaf et la gendarmerie, la petite troupe est arrêtée. S’ensuivent vingt-quatre ­heures de garde à vue, dans la chambre d’une grande chaîne hôtelière à Vannes. Pour Xia Shengxiang, ouvrier dans le bâtiment, sa compagne et leur progéniture, le choc est rude. À Paris, dans le collège du IXe arrondissement où elles

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