En ordre de panne

Michel Soudais  • 11 décembre 2008 abonné·es

Le congrès est fini mais pas la guerre. Élue sur le fil à la tête du PS, Martine Aubry peine à s’imposer. Devant le conseil national, samedi, son « texte d’orientation politique » a certes été approuvé, mais les « royalistes », furieux de n’avoir pas été associés à la rédaction de ce texte ni à la direction chargée de le mettre en œuvre jusqu’au prochain congrès, prévu en 2011, ont appliqué au PS une technique de « guérilla » parlementaire en usage à l’Assemblée nationale. Julien Dray, François Rebsamen, David Assouline et quelques autres ont occupé la tribune pour dénoncer leur mise à l’écart et les insuffisances du texte. À cet exercice, Pascal Terrasse s’est distingué en évoquant « ce que les Tchèques avaient appelé après le printemps de Prague une normalisation ». Qu’importe l’excès s’il permet d’arriver à ses fins.

En arrachant un vote nominatif sur ce texte, les royalistes ont obtenu la démonstration qu’ils cherchaient : avec 146 voix pour, 72 abstentions et un refus de vote, la première secrétaire ne dispose que d’une majorité relative, le conseil national comptant 306 membres. Dès lors, ils se trouvent fondés à réclamer la reconnaissance de leur poids dans le PS, entre 30 % et 50 %. Et, faute de l’obtenir, à bordéliser chaque jour un peu plus son fonctionnement. Jeudi dernier déjà, Ségolène Royal a pris de cours Martine Aubry, l’obligeant à convoquer dare-dare une conférence de presse à Solferino pour dire ce que le PS pensait du plan de relance présidentiel. L’ex(et toujours)-candidate accompagnée de force caméras et micros était en Moselle auprès de syndicalistes d’ArcelorMittal pour donner la réplique à Nicolas Sarkozy. Cette course aux médias va continuer. Mardi matin, la présidente de Poitou-Charentes avait rendez-vous avec Jean-Michel Aphatie sur RTL, quand sa rivale devait retrouver dans la soirée le même interviewer (et quelques autres) sur le plateau du « Grand Journal » de CanaL +.
Le PS, qui devait être en ordre de marche après le congrès de Reims apparaît bien en panne, tiré ainsi à hue et à dia. Et bientôt plus encore, si l’on songe que des points de vue aussi divergents que ceux de Delanoë et Hamon marchent désormais ensemble. Il y a forcément un dupe de l’autre. Pour combien de temps ?

Politique
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