Ils en ont le cœur net
Ultratendances, les sites de rencontres renversent les tabous. Mais la toile a surtout ouvert
un gigantesque marché matrimonial qui reflète aussi une dégradation du lien social.
dans l’hebdo N° 1041 Acheter ce numéro
«Je l’ai trouvée, ou plutôt elle m’a trouvé. Elle était là, dans les fiches et les statistiques. » Les témoignages de cette nature sont légion sur Meetic, leader européen des sites de rencontres. Selon l’Insee, la France compterait deux fois plus de célibataires qu’il y a vingt ans : près de 15 millions. Or, 4 millions d’entre eux seraient adeptes des services de rencontres online. Symptôme d’une civilisation inapte à créer du lien social ? Ou trait d’une société qui parvient avec ce nouvel outil à proposer une réponse à la demande affective ? « On aime toujours comme une époque nous y autorise » , philosophe Pascal Lardellier, professeur à l’université de Dijon et auteur de Cœur net. Célibat et amours sur le web (Belin), où il analyse les nouveaux rapports amoureux sur ce « gigantesque marché matrimonial » qu’est le web. Toutes les couches sociales sont concernées, à la ville comme à la campagne. Selon lui, Internet serait devenu le premier lieu de drague pour les plus de 50 ans, le cercle social se réduisant avec l’âge. Apparue dans les années 1990 aux États-Unis, la rencontre en ligne a explosé avec la généralisation de l’ADSL