La folie coloniale
À La Villette, Dominique Lurcel présente un drolatique et effrayant cabaret sur un siècle d’Algérie française.
dans l’hebdo N° 1043 Acheter ce numéro
Au centre de la scène, un kiosque qui a la forme d’un temple joyeux et porte inscrit sur son fronton « Folies coloniales ». Sur la droite, une salle de classe en coupe, avec une carte de l’Algérie à la typographie démodée et aux couleurs un peu passées. Un instituteur en blouse grise, règle à la main, vient dire quelques mots sur les « peuples attardés » dont la France a pris en main la destinée et qu’elle rend meilleurs. Voilà, c’est parti pour un spectacle qui braque un furieux projecteur sur l’année 1930, année où notre pays fêtait solennellement le centenaire de l’Algérie, c’est-à-dire de l’Algérie colonisée, conquise par les troupes de Charles X puis transformée en département français et allègrement pressurée en hommes et en richesses !
Chemises et corsages blancs, jupes et pantalons noirs, bonnets phrygiens. La pièce s’amuse à représenter les préparatifs de la cérémonie que Paris a organisée cette année-là. Le président de la République, Gaston Doumergue, est là. Et son ministre de l’Intérieur, André Tardieu. On ne va pas être économes en toasts et en discours ! Une cantate a même été composée
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
« Et toi, comment ça va ? », correspondance libanaise
« La culture reste un élément important dans la reproduction des inégalités sociales »
« Pédale rurale » : être soi