Sulukule, mémoire en ruine

À Istanbul, en Turquie, les vétustes maisons du plus vieux quartier gitan au monde sont détruites par des bulldozers. Avec elles, c’est un pan de l’histoire de cette communauté qui disparaît.

Matthieu Chazal  • 9 avril 2009 abonné·es
Sulukule, mémoire en ruine

Le quartier de Sulukule, situé le long des murailles byzantines ceinturant la ville historique d’Istanbul, est connu pour ses musiciens et ses danseuses, qui ont enflammé les nuits de la cité des siècles durant. Ils ont jadis diverti les sultans au palais de Topkapi, puis les noctambules d’Istanbul qui s’entassaient dans les nombreuses tavernes du quartier où se produisaient orchestres et danseuses du ventre. Jusqu’à ce que la municipalité de Fatih, arrondissement dont dépend Sulukule, ferme au début des années 1990 ces lieux pernicieux, peu appropriés au conservatisme ambiant. Amputé de sa principale source de revenus, le quartier a lentement décliné et

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