Dossier : Humour et politique : Où sont les limites ?

Quand l’humour dérouille la politique

En dignes héritiers de Guy Bedos – notre rédacteur en chef invité – ils égratignent le pouvoir politique. Christophe Alévêque, Stéphane Guillon, Didier Porte, Moustic… Autant de voix vachardes et engagées,
comme l’étaient celles de leurs glorieux ancêtres, de Pierre Dac à Pierre Desproges.

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Au temps de l’ORTF, on pouvait se poser la question. Ou plutôt, on ne se la posait pas. Puis l’étau s’est plus ou moins desserré sur la gueule des trublions humoristes. La chronique de Stéphane Guillon, dans la matinale de France Inter, articulée autour des frasques priapiques de Dominique Strauss-Khan, a posé à nouveau la question. Jusqu’où peuvent aller les humoristes ? En d’autres termes, peut-on rire de tout ? Et peut-on tout dire ? Soulevant un tollé politique, à commencer par Nicolas Sarkozy, Guillon a aussi soulevé un lièvre…

Dans une époque du tout-libéral, où les médias sont concentrés en très peu de mains et, tant qu’à faire, dans le même camp, la place est au politiquement correct, au tout-sécuritaire, à la sécurité des pensées calée dans la sécurité des mots. Et l’on assiste au triomphe de la censure. Voire pire, à l’autocensure, sous prétexte de respect ou de décence.
C’est bien la liberté d’expression qui est en jeu, mise à mal de façon sournoise, ne résistant même pas au filtre de l’humour.
Lointaine est l’époque où Coluche pouvait « foutre dans le cul des politiques » , où Desproges pouvait parler du peuple élu, « peuple hostile au régime nazi » , pouffant sur l’intolérable.

Restent quelques électrons libres pour taquiner encore, éveiller les consciences. Guy Bedos en est l’un des pères, un parrain, figure de patriarche, autrefois culbuté par la censure.
Dans les rares cases médiatiques où l’humour porteur de sens n’a pas de limites, doublé de colères et d’injonctions, au diapason des injustices et des fractures sociales, s’agitent encore des fortes personnalités. De Christophe Alévêque à Didier Porte, en passant par Jules-Édouard Moustic et Stéphane Guillon. Autant de trublions d’exception qui font leur boulot d’agités, éclaireurs et cabrés, libres. Et quand le carcan médiatique cède à l’asphyxie et au formatage industriel poli, il leur reste la scène.


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