La ville de pantins
Le festival de Charleville-Mézières célèbre les marionnettes
du monde entier. Un genre bien ancré dans
les thèmes d’aujourd’hui.
dans l’hebdo N° 1068 Acheter ce numéro
On croit à tort que la capitale française de la marionnette est Lyon, grâce à la pérennité de ce diable de Guignol qui défie – un peu mollement, avec l’âge et le conformisme ambiant – les gendarmes et les bons bourgeois. Cette capitale est, en réalité, Charleville-Mézières, petite ville des Ardennes qui vit naître un autre contempteur de la société bien-pensante, Arthur Rimbaud. À Charleville, tel Pinocchio, chaque marionnette ne dort jamais que d’un œil, pour rebondir en cas d’urgence spectaculaire. La cité abrite pas moins de deux établissements consacrés à l’enseignement de cet art et à la recherche, l’École nationale supérieure des arts de la marionnette (Esnam) et l’Institut national de la marionnette, tous deux dirigés par Lucile Bodson. Sans parler d’une Union internationale de la marionnette qui a quitté Prague, où elle était née, pour venir s’installer au bord de la Meuse.
Le Festival mondial des théâtres de marionnettes, qui commence cette semaine, met, bien évidemment, le feu aux poudres. Pendant dix jours, les lieux de spectacle se