Les tueurs d’abeilles sont démasqués

Alors que les ruchers dépérissent partout dans le monde, les chercheurs incriminent désormais un ensemble de facteurs. Parmi eux, la responsabilité des pesticides paraît déterminante.

Patrick Piro  • 24 septembre 2009 abonné·es
Les tueurs d’abeilles sont démasqués

«C’est un moment historique ! Pour la première fois, il y a fusion entre les travaux des chercheurs et nos observations ! » Franck Aletru, grande gueule de l’apiculture vendéenne, a des raisons de triompher lors d’une session du congrès Apimondia [^2] dédiée aux pesticides agricoles : à la tribune, les travaux des chercheurs démontrent qu’ils sont toxiques pour les abeilles, même à très faible dose. Ce qui va dans le sens du combat emblématique de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), organisatrice de la rencontre, qui fait des pesticides les principaux responsables de la forte mortalité qui frappe les ruchers français depuis plus d’une décennie : environ 30 % par an en moyenne pour 2007 et 2008, contre 10 à 15 % au sortir d’un hiver « normal ». Le déclin touche pratiquement toutes les grandes nations apicoles du monde. L’Europe entière est affectée, souvent à des taux comparables à ceux de la France. Avec un véritable effondrement dans certaines régions. Le Jordanien Nizar Haddad, qui a coordonné une étude sur le Moyen-Orient, signale jusqu’à 45 % de pertes dans certaines régions de son pays, de Syrie ou du Liban, et même 60 % dans les Territoires palestiniens, voire 85 % dans certaines zones irakiennes ! Aux États-Unis ou en Chine, on rapporte la disparition de 100 % des colonies par endroits. Cette mortalité peut entraîner de fortes pertes économiques

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Écologie
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