« Une capacité plus grande à s’indigner »
Robert Guédiguian a voulu faire un film populaire, susceptible d’attirer ceux qui ne connaissent pas cette histoire. Et ce sans éluder la violence de cette époque.
dans l’hebdo N° 1068 Acheter ce numéro
Politis : Dans le film, la violence est montrée sans fard. Les coups de feu claquent distinctement, les explosions sont fortes… Diriez-vous que, de ce point de vue, vous avez fait un film réaliste ?
Robert Guédiguian I Je ne sais pas si l’adjectif « réaliste » convient. Je dirais que je travaille avec le cinéma comme il est aujourd’hui : le public est habitué – trop sans doute – à voir la violence, dans des films d’action notamment. Il est habitué à un certain son de coup de feu, à une certaine image d’explosion, etc. C’est une forme de langage et, si l’on ne respecte pas ces codes-là, le public a l’impression de ne pas comprendre. C’est comme si on lui parlait dans une langue étrangère. Je crois donc que, si l’on veut atteindre le public, on est obligé de se poser ce type de questions. C’est pourquoi, dès le début du projet, on s’était dit avec mes coscénaristes, Gilles Taurand et Serge Le Péron, et mon producteur, Dominique Barneaud, qu’on écrirait ce film en respectant les règles d’un langage cinématographique compréhensible par un large public. C’est la guerre, donc il y a des coups de feu, des bombes qui explosent, des scènes de torture… Ou, comme on disait dans les années 1950, de l’aventure, de l’amour et