« Le régime iranien veut entamer des négociations »
Chercheur associé à l’Iris, Thierry Coville analyse l’attitude de l’Occident face à l’Iran. Il déplore une vision simpliste conduisant à une peur irrationnelle. L’historien Shlomo Sand dénonce le rôle de boutefeu du gouvernement israélien.
dans l’hebdo N° 1071 Acheter ce numéro

Politis : Quels enseignements tirez-vous des discussions du 1er octobre à Genève entre les représentants du régime iranien et le groupe des Six [les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU, plus l'Allemagne] ?
Thierry Coville / On peut retenir trois points de cette rencontre. D’une part, l’Iran a accepté la visite par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de la deuxième usine d’enrichissement d’uranium, visite prévue d’ici à deux semaines. D’autre part, le gouvernement accepte le principe d’uranium enrichi à l’étranger et utilisé en Iran. De plus, lors de cette rencontre à Genève, les représentants iranien et américain ont déjeuné ensemble, ce qui prouve une réelle volonté de dialogue. Mais le plus significatif est sûrement la visite surprise du ministre iranien des Affaires étrangères à Washington, le 30 septembre, soit deux jours auparavant. C’est la première visite d’État à État entre les États-Unis et l’Iran depuis trente ans. Et c’est l’Iranien qui se déplace. Cela souligne la volonté du régime d’entamer des négociations et,