Le dernier combat collectif
Pour l’historien François Cusset, le supportérisme s’est substitué aux appartenances religieuses et politiques. Le sport apparaissant comme la grande cause rassembleuse de notre époque.
dans l’hebdo N° 1076 Acheter ce numéro
Les spontanés, les érudits, les organisés, les calmes, les violents. Tous supporters. Les uns, glacière ouverte sur le bord des routes. Les autres, en rangs serrés, dressés comme un seul homme, d’autres encore alignés en bataille. C’est surtout à ceux-là qu’on songe dès que l’on parle de supporters dans les médias, défrayant ponctuellement la chronique. Des minoritaires excessifs au creux d’une vague humaine. Mais agressifs ou simplement passionnés, les supporters font nombre. En transe d’expression. Le supportérisme a pris la valeur d’un totémisme de substitution, dans une société dépourvue de sacré. Il donne volontiers l’impression d’une identité glanée, ramassée, créée au rabais, méconnue, niée des intellectuels, de la culture. L’invention d’une identité pauvrissime. Entre fanions, fumigènes et