Copenhague, degré zéro de la responsabilité
Le sommet laisse la lutte climatique planétaire gravement en panne. Les égoïsmes nationaux sont en cause, mais aussi l’ONU, incapable de débloquer la situation. Comment rebondir après cet échec cuisant ?
dans l’hebdo N° 1082-1083 Acheter ce numéro

Écœurement, consternation, immense gâchis, très grande amertume… L’échec du sommet de Copenhague (du 7 au 19 décembre) déclenche des réactions d’une rare sévérité dans la grande majorité des pays du Sud et des organisations de la société civile. Fallait-il miser autant sur le rendez-vous danois ? Il a été pris il y a deux ans pour conclure une feuille de route lancée fin 2007 au sommet climat de Bali, dont on attendait qu’elle mette la communauté internationale sur les rails de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et sous la forme idéalisée d’un large accord international à valeur contraignante. Communiant dans le volontarisme imposé par l’urgence climatique, les acteurs ont cru surmontables deux énormes obstacles : c’était la première fois qu’allaient négocier face à face les deux principaux protagonistes que sont la Chine et les États-Unis ; et leurs positions, comme celles des blocs en présence – autres grands émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud), Union européenne, G77 (131 pays dits « en développement ») –, sont restées profondément éloignées depuis Bali. Il aurait fallu à Copenhague un miracle d’altruisme, de cohésion et de confiance réciproque pour décrocher le jackpot.
La déception est donc à la mesure des espoirs, mais aussi des illusions collectives. La faute à qui ? Les Nations unies sont le plus
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