La tentation de l’autogestion
Alors que l’usine Philips de Dreux est menacée de fermeture, les salariés ont pris le contrôle de la production de téléviseurs LCD, et démontré que le dernier site industriel de la ville était viable. Reportage.
dans l’hebdo N° 1086 Acheter ce numéro

La zone industrielle des Châtelets, aux abords de Dreux (Eure-et-Loir), est encore sous une couche de neige fondante. Ce 14 janvier, une poignée de salariés et de syndicalistes de Philips EGP, arborant badges et drapeaux, montent dans un car à destination de Chartres pour rencontrer le préfet et défendre ce qui reste de l’imposant site de production de téléviseurs à écran plat. « N’ayez pas peur, ils nous ont fait du mal, mais on va se battre pour survivre » , lance « Manu » Georget à ses camarades. Le délégué syndical d’une CGT « dissidente », militant du NPA, explique en quelques mots que, lors de l’assemblée générale matinale, les salariés ont suspendu le « contrôle de la production » des téléviseurs, après dix jours de boulot sans patron. « C’est symbolique, on n’avait qu’un mois de production devant nous » , reconnaît le syndicaliste.
Surtout, faute de matière première et face aux menaces de la direction, le mouvement a dû faire une pause. Il en reste la preuve « qu’une