L’expulsion passe en mode industriel

Au Mesnil-Amelot, un nouveau centre de rétention administrative doit voir le jour. Son dispositif ultra-sécuritaire menace l’accès des étrangers à leurs droits. La Cimade se mobilise pour contrer le projet.

Marianne Langlet  • 28 janvier 2010 abonné·es
L’expulsion passe en mode industriel

« L’impression d’entrer dans le corps d’une machine. » L’équipe de la Cimade, par la voix de Caroline Larpin, décrit ainsi sa visite du futur centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot. Ce complexe immense, construit près des pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, devrait ouvrir au printemps prochain. Deux cent quarante étrangers pourront y être retenus. Ajoutés à l’effectif du centre actuel du Mesnil-Amelot, 380 personnes au total seront enfermées dans ce petit village. Un record en France, qui symbolise la politique « d’industrialisation de la rétention et de l’expulsion » , selon la Cimade. Stefano Rega, intervenant juridique de l’association, est sorti de la visite impressionné : « C’est un peu comme un camp. » La Cimade, qui a longtemps réprouvé le terme s’agissant des centres de rétention, n’hésite plus et qualifie désormais ce nouveau CRA de « camp d’internement ».

Pour la sécurité, l’État a mis le paquet : portes blindées et caméras partout ; le grillage qui entoure le complexe sonne au moindre contact ; des détecteurs de mouvement, sur le chemin de ronde qui

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Temps de lecture : 6 minutes