Pierre Carles : « L’humour est une arme subversive »

Le réalisateur Pierre Carles et sa productrice, Annie Gonzalez, proposent depuis dix ans un cinéma documentaire critique et atypique, loin du formatage télévisuel.

Xavier Frison  • 7 janvier 2010 abonné·es
Pierre Carles : « L’humour est une arme subversive »

Politis : Quel est le fil d’Ariane de vos films ?

Pierre Carles : Tous mes films se font faits en réaction au boulot que n’a pas effectué la télévision. En 2003, à l’époque où on a sorti Attention danger travail , par exemple, et même pour Volem rien foutre al païs , en 2004, il n’y avait pas de film de reformulation de la critique du travail. Pareil pour La sociologie est un sport de combat, sorti en 2001. À l’époque, il n’existait pas de film de vulgarisation de la sociologie de Pierre Bourdieu.

Pourquoi avoir choisi l’audiovisuel, mode d’expression coûteux et complexe ?

P. C. : Cela m’excite probablement plus de transgresser des interdits : il y a des choses dont on ne parle pas dans l’audiovisuel, il n’y a pas d’enquête audiovisuelle critique sur les grands groupes français, les dirigeants politiques et médiatiques. Ou alors vingt ans après, quand les scandales sont passés ou quand les protagonistes sont morts. Nous, nous essayons de faire ce travail-là, qui n’est pas ­désiré par la télévision.

Annie Gonzalez : Pierre développe une véritable écriture cinématographique dans ses films. Il y a aussi un travail sur l’archive, la mémoire de ce qui existe, un travail de relecture sur les choses qui disparaissent dans le flux télévisuel. Tout ça ne peut pas s’effectuer par l’écrit.

Comment parvenez-vous à financer vos films ?

A. G. : Les films de Pierre remportent un succès certain au

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Temps de lecture : 8 minutes