Une journée ordinaire au « 35 bis »
Au cœur de Paris, le juge des libertés et de la détention arbitre les cas des sans-papiers en rétention. En dépit de la mobilisation d’associations, ce sont des procédures expéditives. Reportage.
dans l’hebdo N° 1088 Acheter ce numéro

Ne cherchez pas le 35 bis, quai des Orfèvres, l’adresse n’existe pas. C’est pourtant bien au « 35 bis », du nom de la procédure d’urgence applicable aux étrangers en rétention, qu’officie le juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal de grande instance de Paris. C’est là que les sans-papiers interpellés défilent, dans les 48 heures suivant leur placement en centre de rétention. Là que le juge leur signifie leur remise en liberté ou, comme c’est le cas la plupart du temps, le prolongement de la rétention en vue de leur expulsion vers leur pays d’origine. En dix à quinze minutes, juge, greffier, représentant de la préfecture de police, avocat et « retenu » donnent une pièce tragique au dénouement écrit à l’avance, ou peu s’en faut.
Dénicher la salle d’audience, ouverte au public, tient de la gageure. Mieux vaut miser sur les habitués du Palais, plantons de service, avocats pressés ou agents administratifs, pour trouver son chemin. Au pied de l’ultime escalier, une fine