La Meuse veut rester verte, pas kaki !
Près de Verdun, des cultivateurs s’opposent à l’extension d’un terrain militaire, déjà responsable de deux vagues d’expropriations. Des citoyens les soutiennent par un jeûne de protestation. Reportage.
dans l’hebdo N° 1106 Acheter ce numéro

Les chars ne sont pas venus. La famille Delvaux avait pourtant jusqu’au 1er juin pour quitter son exploitation et seul logement de Sivry-La-Perche, dans la Meuse, à l’ouest de Verdun. Le vaste bâtiment et l’exploitation attenante de plus de 200 hectares font partie des 600 hectares annexés par l’armée pour agrandir le terrain militaire dévolu au char Leclerc, spécialité du 1er régiment de chasseurs établi à Thierville, à quelques kilomètres de là. D’autres exploitants sont concernés, mais aussi un vieux couple de ruchers et des propriétaires forestiers. Les quelques dizaines de personnes impliquées dans ce « Larzac de l’Est », exploitants, syndicalistes, militants associatifs, maire ou simples citoyens, bien décidés à ne pas se laisser faire, ont lancé une semaine de jeûne, la semaine dernière, en face du tribunal de Verdun, pour protester contre les expropriations. Dans leur vaste tente… militaire, carte des parcelles scotchée à la toile et légendée « La Meuse : verte ou kaki ? », tasses de tisane à la main, ils racontent leur combat en ce 1er juin, deuxième jour de jeûne.
Lancé dès 1992, le projet d’extension du terrain militaire se heurte rapidement à la résistance de certains agriculteurs, peu enclins à céder leurs terres et leurs exploitations, patrimoine économique, familial et symbolique