Penser la racialisation
Didier Fassin a dirigé une longue enquête sur les « nouvelles frontières
de la société française ».
Un ouvrage en ressort, dressant le portrait d’un pays qui se découvre multiple.
dans l’hebdo N° 1105 Acheter ce numéro

Politis : Les Nouvelles Frontières de la société française, qui rassemble plus d’une vingtaine de contributions de chercheurs [^2], est le résultat d’une enquête de quatre ans menée dans le cadre d’un programme de recherche sur les questions de l’immigration et de la racialisation, de la xénophobie et du racisme. Pourquoi avoir lancé ce programme ?
Didier Fassin I On reproche souvent aux sciences sociales de produire des travaux décalés, notamment dans le temps, par rapport aux préoccupations de la société. Dans le cas de ce programme, on peut dire au contraire que, tout en respectant la temporalité habituelle de la recherche, nous avons en quelque sorte anticipé les transformations profondes de la France. Lorsque nous avons entrepris cette aventure collective, certains nous ont accusés de plaquer des analyses venues d’ailleurs et de ne pas prendre en compte la singularité française. Or, nous avons débuté nos recherches au moment des émeutes de l’automne 2005, que nos responsables politiques ont interprétées comme la conséquence à la fois d’une immigration non contrôlée et de discriminations non combattues. Et, ironie de l’histoire, notre livre paraît au moment du débat sur l’identité nationale lancé par le gouvernement, qui repose à la fois sur une vision nativiste de la nation et sur une stigmatisation des étrangers… On voit donc
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
« Des intellectuels dits de gauche n’ont pas eu un regard pour la souffrance palestinienne »
Aux États-Unis, le règne des technofascistes
Thomas Lacoste : « Créer un pare-feu autour de ceux qu’on a érigés en “écoterroristes” »