Sciences éco sans conscience
Le projet de réforme du programme de sciences économiques et sociales au lycée suscite un tollé des enseignants, qui dénoncent une approche abstraite, d’inspiration néolibérale et dépourvue de réflexion critique.
dans l’hebdo N° 1107 Acheter ce numéro

Exit les conflits sociaux, les inégalités, la crise financière et les rapports de classe… C’est à quelques exceptions près ce que suggère le projet de programme concocté par un groupe d’experts dans le cadre de la réforme de l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) en classe de première. Cette réforme lycéenne soumise à consultation par le ministère de l’Éducation nationale jusqu’au 16 juin a provoqué une levée de boucliers. Les enseignants, les associations de chercheurs et enseignants, notamment en sciences politiques, et des personnalités comme Philippe Meirieu, spécialiste de la pédagogie, ont multiplié les communiqués critiquant ce projet destiné à être mis en place à la rentrée scolaire de 2011. Ils défendent aussi un contre-projet, écarté par le ministère de Luc Chatel sans le moindre commentaire. « Les élèves ne vont pas nous croire,