Le “nous” contre le “eux”

Le sociologue Didier Eribon, auteur d’un ouvrage sur son héritage ouvrier*, nous livre sa vision d’une culture et d’un mouvement auxquels la gauche a tourné le dos, au nom de la « modernisation ».

Olivier Doubre  • 9 septembre 2010 abonné·es

Politis : Quelles étaient les grandes caractéristiques de la culture ouvrière?

Didier Eribon : J’ai sans doute une vision particulière, dans la mesure où ma famille était très marquée par l’influence du Parti communiste. Ce que je peux dire ne serait pas vrai pour une famille ouvrière gaulliste. En tout cas, dans le monde où j’ai vécu les vingt premières années de ma vie, il y avait un fort sentiment d’appartenance à une classe sociale et d’opposition à tous ceux qui apparaissaient comme ses ennemis : les « capitalistes », les gouvernants… C’était donc un « nous » qui se constituait à travers son antagonisme à l’encontre d’un « eux ». Les contours de ce « eux » étaient mal

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Temps de lecture : 4 minutes