« Si l’on retire les usines, il n’y a plus de vie ! »
Sociologue, Michel Pinçon a longtemps travaillé sur la classe ouvrière dans les Ardennes. Il livre son analyse d’une culture ouvrière en très net recul au fil de la disparition des entreprises.
dans l’hebdo N° 1117 Acheter ce numéro
Mes travaux de sociologue puis une collaboration au film de Marcel Trillat Silence dans la vallée, tourné près de Charleville-Mézières dans les Ardennes, vingt ans après, au même endroit, à Nouzonville, m’ont placé au cœur de la classe ouvrière. Entre ces deux décennies, tout s’était aggravé.
Nouzonville a été une cité industrielle très active durant des siècles puisqu’elle abritait une manufacture d’armes sous l’Ancien Régime, avant de voir s’installer des usines de fonderie et d’estampage. La crise de 1974 a été un premier choc. La cité, marquée par ses traditions ouvrières, ses structures familiales inhérentes, s’est trouvée brusquement confrontée aux difficultés du chômage et à une nouvelle organisation du travail, plongeant les ouvriers en plein désarroi. Il régnait jusqu’alors, au sein de la classe ouvrière, une certaine
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