Jean-Luc Mélenchon, ombres et lumières
Sénateur et ancien ministre du gouvernement Jospin, Jean-Luc Mélenchon a quitté le PS en 2008. Pour créer le Parti de gauche, au sein duquel il défend depuis les fondamentaux de la gauche. Tribun talentueux et doué d’intuition politique, il séduit autant qu’il suscite les attaques les plus outrancières.
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« Mélenchon ? On l’adore ou on le déteste ! » , commente un ancien de l’époque de l’Unef. Ce n’est pas le moindre paradoxe pour un homme qui invoque en permanence la Raison : il suscite les passions. Il est lui-même un passionné et un passionnel. Tribun talentueux et excellent débateur, constamment en mouvement – ce qu’il appelle « la culture de l’action » – mais intellectuellement exigeant, il affiche un volontarisme glissant parfois dans l’entêtement. Sincère, il peut être sentencieux ou colérique. Toujours prompt à mouiller sa chemise dans ce qu’il entreprend, ce fort en gueule – lui préfère « forte tête » – séduit. Il n’y avait qu’à se poster à ses côtés, lors des manifestations syndicales de cet automne, pour mesurer la popularité du président du Parti de gauche. Bien visible sur les points fixes de son mouvement ou du Front de gauche, en lisière des défilés, l’ancien ministre et sénateur, désormais député européen du Grand Sud-Ouest était salué amicalement, interpellé par de tonitruants « Jean-Luc… » suivis d’une appréciation positive sur tel ou tel passage télé, ou d’encouragements à « tenir bon » , parfois accompagnés de la promesse de voter pour lui.
Régulièrement, des manifestants lui montraient fièrement leur pancarte, d’autres sortaient des rangs pour une poignée de main ou une bise, deux ou trois mots échangés, une photo à ses côtés, ou un