L’éternel fléau de l’abstention

Plus de la moitié de l’électorat a boudé les élections de mi-mandat. Au-delà de l’incapacité d’Obama à mobiliser, c’est un problème endémique de la société américaine. Par notre correspondant.

Alexis Buisson  • 11 novembre 2010 abonné·es

Mercredi 3 novembre, 13 heures. Barack Obama se présente devant un parterre de journalistes dans la luxueuse East Room de la Maison Blanche. Le président américain a la mine des mauvais jours : la veille, son parti a perdu la majorité à la Chambre des représentants et au moins 6 sièges au Sénat lors d’une élection législative cruciale pour le restant de son mandat. Le décalage avec l’euphorie qui balayait l’Amérique deux ans plus tôt, quasiment jour pour jour, est cruel. « Il y a des élections excitantes, d’autres qui vous rendent modeste. Quel que soit le vainqueur, chaque élection rappelle que le ­pouvoir réside non pas entre les mains des élus, mais chez ceux que nous avons l’honneur de servir » , dit-il, ajoutant plus tard dans un acte de contrition publique : « Je ne souhaite à aucun président une déroute comme celle-là. »

Barack Obama pourra sans doute se rassurer – ou se désoler – du fait que le verdict des urnes, le 2 novembre, reflète celui d’une minorité de l’électorat américain. Selon l’Associated Press (AP), à peine 42 % des électeurs se seraient rendus à l’isoloir, et l’abstention aurait progressé dans près de la moitié des États, selon une autre source. « En

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Publié dans le dossier
Une société debout
Temps de lecture : 7 minutes