Rien De Nouveau Sous Le Plantu

Sébastien Fontenelle  • 22 janvier 2011
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Quoi de neuf, dans ce dessin de Plantu paru chez Barbier[^2]?

Illustration - Rien De Nouveau Sous Le Plantu

Rien.

Strictement rien – sinon la confirmation que l’éditocratie continue, par des procédés tout staliniens[^3], de faire du chantage au pénisme, dès que montent des voix de gauche pour contester le capitalisme (d’où lui vient son émolument).

Ce sont les mêmes, rappelle-toi, qui déclaraient en 2007 que Bové partageait «plus de choses qu’on ne pens (ait) » avec le Pen[^4].

Ce sont les mêmes, rappelle-toi, qui déclaraient en 2009 que, oui, mâme Dupont, oui: «Besancenot = Le Pen» [^5].

Et ce sont les mêmes, qui depuis des mois nous ont raconté que la Pen était quand même (plus) fréquentable (qu’était son père).

Les mêmes, qui publient maintenant des sondages d’où ressort que d’entiers pans des sondé(e)s, sursaturé(e)s d’un tel gavage, trouvent qu’en effet la Pen est quand même (plus) fréquentable (qu’était son père).

Les mêmes, qui désormais clament, comme dans Libération [^6] le 20 janvier, que la Pen récupère ses «idées sociales (…) plutôt à gauche» – et que du coup, forcément, «son discours» a des airs de «Mélenchon» .

Et que du coup, forcément: l’éditocratie est bien obligée, nonobstant qu’elle voulait pas, de constater que Mélenchon a des airs de Pen.

Bové, Besancenot, Mélenchon: ça devient tellement prévisible, tellement répétitif, et ça montre si fort que les sentinelles médiatiques du capital sont à bout d’arguments rationnels (pour défendre leur système nourricier), qu’on en rira, si tu veux bien.

Mais sans oublier que dans le même temps, les mêmes, si prompt(e)s à débusquer à gauche d’imaginaires pénismes, se tiennent très coi(te)s quand le Kozy met dans son règne d’entiers morceaux du programme frontique.

[^2]: Le même Barbier, tu sais, qui aime narrer dans ses dissertations du mercredi que jamais sa publication «n’a cessé, fidèle à son histoire, de rappeler la primauté de l’humanisme» et que la Pen, «avec ses sondages flatteurs et sa modération de façade, présente un risque nouveau pour la République» – mais qui, dans la vraie vie, quand vient le moment d’énoncer le fond de sa triste pensée, tempère soudain son «humanisme» pour déclamer que «si la République passe par la démocratie, c’est tant mieux, mais» que «s’il faut parfois combattre les mécaniques démocratiques pour sauver la République» , bon, c’est con pour les Ar… Pour les Tunisien(ne)s, mais faut c’qu’il faut, hein, mâme Dupont?

[^3]: © Noam Chomsky.

[^4]: Déclaration de Philippe Val (bien sûr).

[^5]: Renaud Dély.

[^6]: Et dans un (grotesque) dossier consacré au thème: avons-nous échoué, René, dans la contention du péril Pen? Et fûmes-nous pas trop bien-pensant(e)s, quand les Pen soulevaient de vrais problèmes, dont l’immigration, la sécurité, l’immigration, et la sécurité? (Puis aussi, maintenant que j’y pense, l’immigration?)

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Temps de lecture : 3 minutes
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