Tout à droite de l’extrême droite

L’historien Nicolas Lebourg a mené une longue enquête sur les courants néofascistes en France et en Europe depuis 1945, à partir de sources largement inédites. Une plongée dans la pire extrême droite.

Olivier Doubre  • 6 janvier 2011 abonné·es
Tout à droite de l’extrême droite
© Photo : ROBINE / AFP

Politis : Comment en êtes-vous venu à travailler sur « la plus extrême droite » ? Et pourquoi avoir adopté cette qualification ? Que recouvre-t-elle  ?

Nicolas Lebourg : Comme tous les champs politiques, l’extrême droite peut être vue avec un centre, une aile droite, une gauche et des radicaux. Cependant, ces derniers ont été plus souvent l’objet de fantasmes que de travaux historiographiques. En 1979, Louis Dupeux a publié sa thèse sur ce qu’il a baptisé « la plus extrême droite » : le courant nationaliste-révolutionnaire allemand. Par cette formule, Dupeux voulait signifier ceci : au contraire de ce que prétendaient divers groupes d’extrême droite, ce courant n’a pas été réprimé par Hitler en raison d’un antinazisme humaniste mais parce qu’il critiquait le « libéralisme » du nazisme. Ici, il s’agit d’étudier la postérité de cette tendance, en particulier en France, jusqu’à nos jours. Ce courant est minoritaire mais il possède des membres très actifs, d’Alexandre Dugin, proche du pouvoir poutinien, à François Duprat, à qui on doit la stratégie de constitution du Front national en 1972.

Comment se divise idéologiquement – et selon quelles tendances – cette « plus extrême droite » ?

Les « nationalistes-révolutionnaires » français se rattachent avant tout aux programmes très sociaux du fascisme italien de 1919 et 1943. Leur utopie est variable mais demeure toujours

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