Voir pleuvoir

Thierry Illouz  • 24 février 2011 abonné·es

Peut-on parler de la pluie ? Peut-on en dire quelque chose, est-on autorisé à le faire ? Parce que j’aimerais parler d’un goût, parler d’un besoin, d’une attente, d’une consolation qui me vient de la pluie. Fouiller ce bonheur dérisoire de voir pleuvoir. Le mot lui-même est un réconfort, un apaisement, rien de plus doux et sonore que ce mot qui transporte des images et des sensations, cette façon qu’ont trois voyelles de suivre cette étrange séquence d’un P et d’un L et ainsi, déjà, de faire entendre un clapotis, une suite de sons liquides, une averse. Je suis né au soleil, un soleil de plomb que j’ai dû quitter à peine conscient et il serait presque trop simple, trop élémentaire de considérer le goût que j’ai pour la pluie comme un effet de cette perte première, avant-première,

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