Lu, vu, entendu

Politis  • 31 mars 2011
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LU

Un jeune homme en bras de chemise, au deuxième étage du siège de la Deutsche Bank à la City de Londres. Il agite un billet de 10 £. Son sourire narquois s’adresse à la rue, où défile un cortège d’infirmières et de médecins britanniques protestant contre les coupes budgétaires. « Trouvez du travail !   », leur lance-t-il. Le jeune homme est trader, français. Il vient d’empocher un bonus de 56 000 euros en plus de son salaire de base de 400 000 euros. La scène est relatée par le journal britannique Sunday Mirror . Le trader a été licencié par sa banque. Mais il pourra se réconforter en venant faire soigner son blues de l’autre côté de la Manche, aux frais du contribuable et d’une protection sociale pour laquelle il n’a pas cotisé.

VU

Lundi 14 mars, journée noire à la centrale nucléaire de Fukushima. Les explosions se sont succédé, l’angoisse est à son comble dans l’archipel… Au « 20 heures » de France 2, l’inquiétude a envahi le plateau : « Faut-il avoir ce débat sur le nucléaire maintenant ? Faut-il en reparler ? Faut-il reposer la question ? » , s’interroge, l’air contrit, David Pujadas. Pour répondre, l’éminent « scientifique » (sic) Claude Allègre, et, en duplex de Francfort, le député européen Daniel Cohn-Bendit, le « bon client médiatique » écolo et allemand… donc forcément antinucléaire. Comme prévu, l’ambiance est explosive entre les deux grandes gueules de la politique. Cohn-Bendit s’énerve. Et Claude Allègre se moque des « béats » qui voient dans l’accident de Fukushima le début d’une catastrophe nucléaire… Téléspectateurs du service public audiovisuel, dormez tranquilles… Claude Allègre veille !

ENTENDU

Manifestement affligé par le résultat des élections cantonales, Alain Duhamel a vu, lundi, dans les 55 % d’abstention, « une motion de censure contre la société politique » . Mais, pour le chroniqueur politique de RTL, ce scrutin est marqué par la crise, qui, en plus d’être internationale, est d’abord française. « Les Français détestent la mondialisation plus que n’importe quel peuple dans le monde.
Ils n’aiment pas le système économique dans lequel
ils vivent, ils le récusent. Autrement dit, la France n’aime pas le XXIe siècle, diagnostique notre confrère entré dans
la carrière au temps
de « Mon Général ».
C’est un fait et évidemment un handicap. »
C’est tellement évident pour
lui qu’à aucun moment
il n’imagine que
« la déshumanisation
de la société française »
ou « la montée des égoïsmes » qu’il dénonce puissent être causées par le système économique qu’il voudrait qu’on aime.

Les échos
Temps de lecture : 2 minutes
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