Des profs « lâchés dans l’arène »
Un rapport commandé par la ministre Valérie Pécresse fustige le nouveau dispositif de formation
des enseignants. Syndicats et parlementaires réclament une remise à plat de la « masterisation ».
dans l’hebdo N° 1150 Acheter ce numéro

La rentrée 2010 a vu arriver dans les classes les premiers lauréats du concours d’enseignement depuis la réforme Darcos : des profs nouvelles formule, titulaires d’un master deuxième année (M2, d’où ce terme « masterisation »). Le niveau de diplôme est plus élevé qu’auparavant : bac + 5 au lieu de bac + 3. Mais la formation s’est considérablement réduite. Les futurs enseignants ne bénéficient plus d’une année de formation obligatoire en Institut de formation des maîtres (IUFM) l’année suivant le concours. À la place, des stages ont été prévus après l’obtention du concours, mais sans cadrage national, sans préparation particulière ni retour d’expérience. Et, surtout, dans une proportion moindre : un tiers du temps en formation et deux tiers devant les élèves (c’était l’inverse avant la réforme). « Sachant que ce tiers de formation n’a même pas été effectif pour une bonne part » , déplore Marianne Baby, responsable du Snuipp, syndicat du premier degré. « Et que, bien souvent, la formation s’accomplit pendant le temps de service, voire en plus » , renchérit Emmanuel Mercier, du Snes, syndicat du second degré. Résultat : des profs « lâchés dans l’arène » ,