Sarkozy et le jeu des 7 familles
Avec le départ de Jean-Louis Borloo et le délitement du front commun contre l’extrême droite, la tour de Babel UMP vacille et craquelle de toutes parts. Cartographie à l’approche de 2012.
dans l’hebdo N° 1149 Acheter ce numéro

L’Union pour un mouvement populaire (UMP) fêtera ses 9 ans le 23 avril. Le gâteau d’anniversaire aura toutefois un goût amer. Après être presque parvenu à « unir les forces politiques de toutes les droites » , l’UMP se délite. Jean-Louis Borloo n’est certes pas le premier à quitter le parti de Nicolas Sarkozy. Mais l’annonce de son départ, le 7 avril, sur France 2, et de son intention de créer une « Alliance républicaine, écologiste et sociale » tourne une page d’histoire de la droite. Celle qui voulait que l’ensemble des familles de la droite soient rassemblées dans un seul mouvement et se présentent unies aux élections dès le premier tour – ce qui à terme devait rendre superflus les seconds tours, comme on l’a vu avec le projet (avorté) de faire élire les futurs conseillers territoriaux au scrutin uninominal majoritaire à un tour.
C’est dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002, après l’élimination de Lionel Jospin, que Jacques Chirac a pu mettre en œuvre son projet d’unification de la droite parlementaire. Le front républicain qui se forme alors face à la candidature de Jean-Marie Le Pen au second tour facilite ce regroupement. Celui-ci est d’abord électoral, comme l’indique sa première appellation : l’Union pour la majorité présidentielle, qui naît le 23 avril 2002, rassemble les troupes du RPR, celles de Démocratie libérale (l’ancien Parti républicain présidé par Alain Madelin), les Radicaux valoisiens emmenés par François Loos et le Forum des républicains sociaux de Christine Boutin. Seuls les centristes de François Bayrou refusent ce parti unique.
Une fois Chirac réélu à l’Élysée avec l’appui d’une confortable majorité à l’Assemblée nationale, l’UMP est rebaptisée Union pour un mouvement populaire, lors du congrès fondateur en novembre 2002. Mais si le RPR et Démocratie libérale se fondent dans la nouvelle formation, les radicaux et les républicains sociaux préfèrent opter pour la formule de formations « associées » : ils conservent leur identité, leur structure et, au prix de négociations laborieuses, obtiennent même un statut particulier pour leurs militants. Ceux du Parti radical peuvent choisir de n’adhérer qu’à leur formation sans
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