Dialogue sur fond de « haine de classe »
Christian Corouge, ouvrier
chez Peugeot, s’est entretenu durant vingt-cinq ans avec
le sociologue Michel Pialoux.
Un échange qui suscite l’émotion comme la révolte.
dans l’hebdo N° 1156 Acheter ce numéro

Un livre de résistance. Au travail à la chaîne, tout d’abord. Au « système Peugeot », en particulier. À la dureté des cadences, synonymes de stress extrême, de corps maltraités, parfois blessés, voire mutilés dans le pire des cas. À la « férocité » de la répression patronale, au harcèlement, aux brimades de la maîtrise, mais aussi aux méthodes « d’inculcation de l’esprit “maison” ». Et à l’épuisement physique et surtout moral des 7 000 ouvriers qui « triment » dans cet immense atelier de carrosserie, sorte d’usine dans l’usine de Peugeot-Sochaux, qui, en 1983, « est par le nombre de ses salariés la plus grande de France », employant environ 30 000 personnes et en faisant vivre au total près de 200 000.
Christian Corouge est de ceux-là. Au moment du récit, il travaille depuis