Parole d’évalué

François Cusset  • 30 juin 2011 abonné·es

Grosse chaleur, anormale pour un mois de juin : heureusement, les archivistes météo et les statisticiens nous détaillent aussitôt ce record et ses précédents, rien de très rafraîchissant mais au moins nos suées s’inscrivent dans une histoire. À l’école de ma fille, en petite section de maternelle, le maître au bel accent du Sud me remet un livret d’évaluation plein de rubriques bavardes qui listent tout ce qu’à 3 ans elle sait faire, ou doit savoir faire. L’aînée, elle, a droit à une évaluation dans un sabir de pédago-bureaucrates bien éloigné de la vision qu’on se faisait de sa classe de CP. Mais il faut évaluer, répètent-ils, pour repérer les canards boiteux, ou les graines de délinquant, et pour faire sa petite cuisine afin de classer le môme, ce que fait le parent le mors aux dents, puisque l’école en théorie n’en a pas le droit. 
Je rase les murs de l’avenue, balayée

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