L’école enrôlée dans la guerre économique
Extrait d’un livre issu d’un travail collectif sur les mutations du système scolaire français, « ordonnées par les exigences de la compétition économique ». Bienvenue à l’école néolibérale.
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C’est sur cette question des savoirs enseignés que l’on peut le mieux mesurer la distance entre les mutations actuelles et les résultats de la sociologie critique des années 1970. Cette sociologie doit être considérée aujourd’hui comme pré-néolibérale. Car le grand changement actuel est justement marqué par la disparition de l’autonomie scolaire autant dans son fonctionnement que dans les contenus d’enseignement. Dans le nouveau modèle, l’école ne prétend plus dispenser des savoirs « gratuits ». Elle se refuse à engager les individus dans le pari de la culture et des connaissances qui pourraient au final se révéler non « payantes ». Elle s’aligne de plus en plus explicitement et ouvertement sur les formes et les contenus répondant aux exigences de la « nouvelle économie », c’est-à-dire du capitalisme contemporain. L’école est désormais sommée de se rendre économiquement utile. Elle ne fait plus illusion et ne cherche plus à produire l’illusion de son autonomie. Cette réalité est radicalement nouvelle. Alors que dans les années 1970 l’institution scolaire conservait la marque visible d’âges plus anciens et l’empreinte forte de tous les compromis qui ont caractérisé son histoire, elle abandonne aujourd’hui toute capacité à défendre et à valoriser des
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