Max, la cigogne qui raconte le climat...

Les tribulations de Max la cigogne, équipée d'un capteur électronique, illustrent la réalité du réchauffement climatique.

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Max, contrairement à ce que son nom pourrait laisser supposer, est une cigogne femelle et suisse. Au cours de l’année 2000, les scientifiques du Muséum d’histoire naturelle de Fribourg ont eu l’idée de l’équiper d’un minuscule émetteur satellite qui permet de suivre jour après jour sa pérégrination migratoire. Ce qui permet d’en tracer des cartes passionnantes pour les spécialistes. Ceux des oiseaux comme ceux du climat. Comme les spécialistes suisses ont de la chance, cet oiseau qui niche chaque année en Suisse – Max fut l’une des premières à y revenir - a échappé depuis à tous les nombreux pièges qui menacent les migrateurs. A commencer par les chasseurs : quatre cigognes ont été abattues à coups de fusils au mois de juillet dernier près de Saintes en Charente Maritime. Elles ont été retrouvées, truffées de plomb, par les bénévoles de la Ligue pour la protection des oiseaux. Il y a aussi les lignes électriques à haute tension autour desquelles, dans le Sud de la France comme en Espagne, elles se « grillent » parce que EDF entretient de plus en plus mal les isolateurs de son réseau. Il y a enfin les empoisonnements, volontaires ou involontaires, qui en tuent des dizaines chaque année au cours de leurs voyages.

Au début de cette passionnante poursuite de la migration, Max, comme beaucoup d’autres cigognes, passait son hiver dans le Sud du Maroc ou le Nord du Mali. Progressivement, au fur et à mesure que les années passaient, Max s’est rapprochée du Nord du Maroc. Puis, il y a six ans, Max a réchauffé ses plumes dans le Sud de l’Andalousie, n’éprouvant plus le besoin d’aller plus loin. Avant de se contenter, il y a trois ans, de passer son hiver dans la région de Madrid, suivant ainsi la progression du réchauffement climatique. Avec beaucoup d’autres de ses congénères.

Parallèlement, et fort logiquement, Max revient de plus en plus tôt vers la France qu’elle traverse, et sa migration de retour est de plus en plus tardive. Au début de cette semaine, elle vient seulement de quitter son nid pour un voyage qu’elle devrait accomplir, ce qui est également nouveau, avec son compagnon, toujours le même (les cigognes sont fidèles...). Il y a quelques jours, ses petits ont pris le chemin de l’Espagne. Elle en a élevé 29 depuis son premier voyage en l’an 2000.

Preuve que le réchauffement climatique n’est pas une fable, des cigognes commencent à passer l’hiver dans le Sud de la France. Là où elles sont trop souvent victimes des chasseurs. Il n’est pas impossible qu’un jour, Max, trouvant le nouveau climat à son goût, en fasse autant : en attendant, plutôt que de voler vers l’Espagne, elle visite la Suisse ! Tout simplement parce que septembre étant doux et les températures moyennes ayant changé, elle peut trouver sa nourriture sans accomplir un long voyage. Nombreux sont ainsi les oiseaux, petits ou grands, qui réduisent leurs migrations pour suivre le réchauffement climatique.


Photo : H. Bürgermesiter

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