Pourquoi ce silence ?

Deux ouvrages apportent des éclairages précis sur les raisons des difficultés des victimes de viol à parler. Et de la société à les écouter.

Ingrid Merckx  • 27 octobre 2011 abonné·es

«Longtemps, j’ai menti. » C’est par ces mots que démarre Un beau jour… combattre le viol (Indigènes). Il s’en est passé du temps depuis ce jour où, à 22 ans, Clémentine Autain, aujourd’hui codirectrice du mensuel Regards et féministe, a été violée par un multirécidiviste. Au procès en assises, elles n’étaient que trois à témoigner. Entre tabou et secret, le viol s’entoure d’un silence qui participe du traumatisme. « Pourquoi s’est-elle tue si longtemps ? » , s’interrogent Audrey Guiller et Nolwenn Weiler, auteures de l’ouvrage le Viol, un crime presque ordinaire (Cherche Midi), à propos d’une amie victime d’un viol.

Tabou

Le viol implique les organes sexuels, d’où : pudeur. « Mais le viol n’est pas le sexe » , rappellent Audrey Guiller et Nolwenn Weiler. « Raconter un viol, une agression sexuelle, ça ne se fait pas » , renchérit Clémentine Autain. Comme si la transgression était aussi dans le fait de dire l’agression. « On touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. » D’ailleurs, on dit : « Elle s’est fait violer » , plutôt que : « Elle a été

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Publié dans le dossier
Et si on leur disait merde ?
Temps de lecture : 6 minutes