Autolib’ vous surveille
Le suivi à distance et l’enregistrement des données du système de location de voitures électriques en libre-service Autolib’ posent certaines questions en terme de libertés publiques.
Il est encore trop tôt pour conclure, à la fois sur le fond et la forme, sur la finalité et la fiabilité d’Autolib’ étudiées avec des fortunes diverses dès le premier jour par les reporters de Politis.fr . En revanche, il n’est pas trop tard pour expliquer aux utilisateurs de ce système de location qu’ils seront en permanence surveillés. Il est ainsi spécifié que les Bluecar ne doivent pas franchir les limites de la région Ile-de-France. Une petite recherche sur la façon dont cette interdiction pourra être respectée permet de découvrir que grâce au mouchard de géo-position embarqué avec le GPS, dès que le « frontière » de la région sera franchie, un coordinateur d’Autolib’ préviendra le conducteur via le système audio embarqué dans la voiture qu’il contrevient au contrat qu’il a accepté. Ce qui signifie que tous les véhicules du système, qu’ils soient à l’arrêt ou en circulation, sont en permanence géolocalisables.
Les conséquences sont claires : toutes les données de géolocalisation – très précises- seront entrées dans le système informatique ; tous les trajets, avec arrêts et parcours, figureront dans la mémoire d’un ordinateur. Il suffira à n’importe quel service de police, hypothèse la plus « rassurante », sur réquisition ou non d’un juge d’instruction, de consulter cette mémoire pour obtenir le relevé exact des allées et venues, ou des stationnements, d’un « suspect ». L’histoire des fadettes, les relevés des communications de quatre journalistes du Monde (et les autres pour l’instant ignorés) peut donc se répéter à l’infini pour surveiller la circulation de syndicalistes, de journalistes, de militants, de manifestants, etc.
D’autre part, le système informatique d’Autolib’ n’étant pas particulièrement protégé, il n’est pas interdit de penser qu’un hacker pourra facilement y avoir accès. Soit pour le compte des services de police, soit pour le compte d’officines privées de surveillance. Si l’on peut comprendre l’utilité de ce fichage permanent pendant la période d’utilisation du véhicule, la mise en mémoire des ces informations constitue une atteinte à la liberté de circuler. Il reste à obtenir de la Commission nationale informatique et libertés que tous ces éléments soient immédiatement supprimés des ordinateurs d’Autolib’ dès que le véhicule est garé dans une station.
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