Bayrou, Mélenchon, Joly : bonne année, bonne santé

En ce début d’année électorale, les cérémonies de vœux des candidats à la présidence donnent quelques pistes sur leur future campagne. Exemple cette semaine avec trois challengers qui entendent sortir du bois en mai prochain.

Pauline Graulle  • 6 janvier 2012
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Bayrou, Mélenchon, Joly : bonne année, bonne santé
© Photo article : PIERRE VERDY / AFP _ Photo de Une : MEHDI FEDOUACH / AFP

Une nuée de caméras de télé, des dizaines de photographes , l’ensemble de la presse écrite… Mardi 3 janvier, à 12h15, François Bayrou affiche le sourire des bons jours pour ses vœux à la presse, organisés dans son QG, sur la très chic rue de l’Université (Paris VIIe). Derrière son pupitre (où le « @Bayrou » de Twitter a remplacé la traditionnelle mention du site internet), le « troisième homme » de 2007 annonce la fin du « temps de la solitude » devant un petit parterre de soutiens. En costume sobre, il esquisse son programme pour 2012 : un effort d’économie sur les dépenses publiques « conduit sans drame et sans déchirement » , la promotion du « achetez français » , la « reconquête éducative » , la reconstruction du « moral de la France » par la reconstruction de « la morale publique »  : « Il suffit que les Français le décident pour qu’en un seul jour, les groupes de pression, les réseaux d’intérêt, trouvent désormais à l’Elysée porte close » . Discours plutôt réussi pour le Palois du Modem. Comme le buffet froid style « campagnard chic » (ronde des fromages sur vin rouge agrémentée de quelques toasts de foie gras) sur lequel s’achève la rencontre.

Des vœux qui « claquent comme des consignes »

Ambiance plus « prolo », le lendemain, à « l’Usine », aux Lilas (93). On a beau être au siège de campagne du « candidat anti-austérité » , c’est un apéro de crise (le frugale « pain-rillettes ») qui nous attend au tournant. À la tribune, Jean-Luc Mélenchon, en moyenne forme -il sort d’un régime-, relève toutefois l’exercice haut la main. Moins affable que Bayrou avec les journalistes – «  ç a y est ? C’est fait ? » , lance-t-il piquant au banc de poissons des photographes – il commence par un solennel « Mes chers compatriotes » . Après un dézingage en règle du mandat de Sarkozy – « l’homme d’un système à l’agonie » -, le candidat du Front de gauche, qui arbore (évidemment) la cravate rouge, se livre à la présentation « de vœux qui claquent comme des consignes »  : « Résister » , « prendre le pouvoir » , imposer « la loi du partage de bon gré ou de force » . Il ose quelques pointes d’humour : 2012, année du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau « qui, trois siècles avant l’heure, votait “non” au Traité de Lisbonne » , et des 150 ans des Misérables , ce « magnifique roman populiste » (sic). Et de mettre en garde, pour finir, contre le « PMU politique » et les « calculs tacticiens » … En clair, 2012 ne sera pas l’année du vote utile.

Collectif et soudé

Ce n’est pas l’avis d’Eva Joly, qui fêtait jeudi matin la nouvelle année à la Bellevilloise (dans le bobo XXe arrondissement parisien), en invitant Bayrou, Hollande et Mélenchon à « s’engager pour un désistement réciproque » en faveur du vainqueur du premier tour. Sans doute le vœu le plus pieux de ces trois jours ! Suite aux récentes tensions entre le parti des écologistes et la candidate, EELV a décidé de la jouer collectif et « soudé » . Sur l’estrade, on a pris soin de représenter toutes les sensibilités du mouvement avec le défilé de quatre porte-parole. Cécile Duflot, Dominique Voynet, Sergio Coronado, et Michèle Rivasi qui déplorent une année marquée par l’accident nucléaire de Fukushima et « un quinquennat de conflits d’intérêt et de copinage » . Joly, en tailleur et talons noirs, égrène un rien laborieusement ses idées : augmentation de la CSG, révolution industrielle écologique, sortie du nucléaire, instauration d’une « République irréprochable » … Une mention spéciale pour les agapes d’EELV – où on jure que, du pignon de poulet grillé au nêm en passant par la bouteille de Bourgueil, « tout est bio » . Pour une nouvelle année roborative !

Politique
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