L’évasion de Martin

Alain Cangina  • 26 janvier 2012 abonné·es

La vie de Martin allait cahin-caha, jusqu’au jour terrible où, à l’aube, une troupe de soldats casqués avait surgi en défonçant sa porte pour le saisir et le jeter dans un cul-de-basse-fosse. Il avait vaguement compris qu’il était accusé de larcin, de bagarre ou de menace. Il ne savait plus très bien ce qu’il avait répondu au flot de questions hurlées sous les coups. Le choc, la violence, l’impuissance avaient paralysé sa compréhension, sa mémoire et sa capacité de parole, anéanti qu’il était par ce séisme. Ils l’avaient transformé en objet d’aveux.

Depuis trois mois, il tournait en rond entre quatre murs, s’usant les poings sur la porte verrouillée. Il brisait sa voix dans l’espace vide de sa cellule et vidait ses yeux de tout élément liquide. Il

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Temps de lecture : 5 minutes