Rwanda, une vérité qui se dérobe
L’enquête sur l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana, en 1994, relance également le débat sur la responsabilité de la France dans le génocide qui a fait huit cent mille victimes.
dans l’hebdo N° 1186 Acheter ce numéro
Que faut-il retenir du rapport d’expertise judiciaire, rendu public le 10 janvier, sur l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril ? Évidemment qu’il renforce la présomption de culpabilité qui pèse sur les Forces armées rwandaises (FAR, Hutus). Mais il faut cependant se garder de toute extrapolation, et ne pas faire dire à ce document de 400 pages – qui reste extrêmement prudent – ce qu’il ne dit pas.
Les auteurs du rapport ne désignent aucun responsable et définissent tout au plus « une zone de tir probable ». Selon l’équipe d’enquêteurs conduite par le juge Marc Trévidic, « le faisceau de points de cohérence qui se dégage des études […] permet de privilégier comme zone de tir la plus probable le site de Kanombé » . Or, la colline de Kanombé accueillait à l’époque un camp militaire qui était l’une des bases des Forces armées rwandaises, loyalistes, officiellement favorables au président Habyarimana. Mais, en l’état, le rapport ne