Ventes d’armes : faut-il les interdire ?
Alors que l’Inde a choisi l’avion de combat Rafale de Dassault, se pose la question des industries d’armement. Pour Nicolas Vercken, il faut accroître le contrôle des États et la sévérité des critères d’autorisation. Jacques Fath estime pour sa part que, sans démilitarisation multilatérale, s’en prendre à cette industrie n’a aucun sens.
dans l’hebdo N° 1190 Acheter ce numéro
Nous ne pensons pas qu’il faille interdire les ventes d’armes, mais plutôt réguler leur commerce. Produire des armes, en acheter, les vendre peut être tout à fait légal, ou justifié, y compris au regard de la Charte des Nations unies. Nous-mêmes, à Oxfam, nous sommes parfois amenés à demander le déploiement d’opérations de maintien de la paix pour protéger les populations civiles, et l’on peut aussi concevoir qu’un État ait besoin d’équiper ses forces de sécurité et de police pour assurer son ordre intérieur.
Le problème est qu’aujourd’hui, dans la plupart des conflits, la grande majorité des victimes sont des populations civiles. Cela montre que les armes sont trop souvent mal utilisées. Il s’agit donc, pour nous, de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un commerce comme les autres et que les États ont une grande responsabilité en la matière.
Concrètement, nous demandons que tout transfert d’armes, que ce soit une importation, un transit ou une exportation, se fasse obligatoirement sous le contrôle des institutions des États concernés. Même si ce n’est qu’un transit à travers un territoire entre deux entités non étatiques, c’est la responsabilité des États de surveiller ce commerce et de l’autoriser – ou non. Aussi, pour nous, les États doivent pouvoir interdire une transaction si elle présente un risque substantiel de graves violations des droits de l’homme, du droit international humanitaire ou d’atteintes au développement.
On a longtemps pensé qu’il
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