Bioéthique : qui tient les mutants à l’oeil ?

L’ « invention » en laboratoire d’une nouvelle souche du virus H5N1 de la grippe aviaire relance le débat sur l’encadrement des recherches à risque et sur leur publication dans les revues médicales.

Noëlle Guillon  • 1 mars 2012 abonné·es

En septembre 2011, Ron Fouchier, du centre Erasmus de Rotterdam, présente lors d’un congrès un virus H5N1 de la grippe aviaire transmissible entre mammifères, en l’occurrence chez le furet. Hautement surveillé par les autorités sanitaires mondiales parce que mortel chez l’homme dans plus de 50 % des cas, ce virus ne pouvait se transmettre entre humains jusqu’à ce jour. La nouvelle fait grand bruit. Les études présentées confirment l’éventualité de la transmission et entérinent la création du « monstre ». Faut-il rendre public le détail de cette recherche ? Pourrait-elle donner des idées à des bioterroristes, ou bien l’information multiplie-t-elle les chances de trouver des traitements ? Ron Fouchier et un autre chercheur, Yoshihiro Kawaoka, qui a réalisé des travaux similaires à l’université du Wisconsin, souhaitent publier leurs résultats. Mais, en décembre 2011, le comité de biosécurité américain bloque les deux publications. Les deux

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Santé
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »
Rassemblement 28 janvier 2026 abonné·es

« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »

Fondé en mai par le député de Paris Pouria Amirshahi (apparenté Écologiste et social), le mouvement La Digue s’emploie à constituer un front transpartisan contre le mouvement fascisant emmené par Donald Trump. En appelant à un rassemblement, soutenu par la Ligue des droits de l’Homme, « en solidarité avec le peuple américain », sous le coup de la répression de la police de l’immigration, ce mercredi, à Paris.
Par Olivier Doubre
« Tout est fait pour invisibiliser les expulsions »
Entretien 27 janvier 2026 abonné·es

« Tout est fait pour invisibiliser les expulsions »

L’anthropologue Clara Lecadet décrit comment les personnes expulsées de France ou d’Europe s’organisent pour donner une visibilité politique à leur situation dans l’espace public de leur pays d’origine ou de renvoi.
Par Pauline Migevant
« Ils m’ont attaché les pieds, les mains, tout était enchaîné »
Témoignage 27 janvier 2026

« Ils m’ont attaché les pieds, les mains, tout était enchaîné »

Arrivé en France à l’âge de 16 ans, Mouminy a été visé par trois OQTF entre ses 18 et ses 22 ans. Après avoir été expulsé en Guinée en 2018, il a pu revenir en France légalement, grâce à des réseaux de solidarité.
Par Pauline Migevant
Expulsés par la France après des OQTF, ils témoignent
Enquête 27 janvier 2026 abonné·es

Expulsés par la France après des OQTF, ils témoignent

D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, en 2025, 15 569 personnes ont subi des « éloignements forcés » depuis la France, dont 8 646 vers leur pays d’origine. Six personnes expulsées par la France témoignent des conséquences sur leur vie et celle de leurs proches des retours forcés dans leur pays.
Par Pauline Migevant