L’Exercice de l’État

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La fortune de l’Exercice de l’État n’était pas écrite. Film exigeant, inventif quant à sa mise en scène, au service d’un propos qui prend au sérieux la politique, avec de grands comédiens qui ne sont pas des stars – Olivier Gourmet, Michel Blanc… – et réalisé par un cinéaste, Pierre Schœller, qui n’en était qu’à son troisième film, l’Exercice de l’État a non seulement été sélectionné à Cannes dans la section Un certain regard, mais il a attiré près de 500 000 spectateurs en salles et a remporté le prix des auditeurs du « Masque
et la Plume ». Ce ne sont pas les oscars, mais ce parcours-là est particulièrement réjouissant. Documenté, pertinent, l’Exercice
de l’État
cerne une bête politique dans son quotidien. C’est une course effrénée « en temps réel » pour communiquer efficacement, une réactivité à toute épreuve, d’où la nécessité d’un cabinet performant qui alimente le ministre en idées
et en mémos, une guéguerre permanente avec les autres ministères pour décrocher les arbitrages favorables,
un sens aigu de la stratégie…

Mais cette débauche d’énergie, cette tension qui s’apparente à une véritable libido, pour quelle vision politique, au service de quelles convictions ? Autrement dit : pour quoi faire ? Cette question, éminemment actuelle, est au cœur de ce film passionnant.


L’Exercice de l’État, Pierre Schœller,
Diaphana édition vidéo, 1 DVD.

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