Eva Joly : « La présidentielle, arme de destruction démocratique »

Eva Joly, qui semble remonter un peu dans les sondages, fustige une campagne qui a occulté l’écologie et qui affaiblit la politique.

Christophe Kantcheff  et  Patrick Piro  • 19 avril 2012 abonné·es

Au terme d’une campagne qui n’aura pas été facile, Eva Joly – c’était manifeste pendant l’entretien qu’elle nous a accordé – garde une détermination intacte. Elle la doit à sa personnalité et à une conviction : elle est la seule candidate à proposer les mesures qui répondent aux exigences écologiques.

Comment jugez-vous la campagne ?

Eva Joly : C’ est « la plus frivole des pays occidentaux », pour reprendre la couverture du magazine The Economist fin mars. En raison des sujets qui ont moussé dans les médias, comme la viande halal ou la réforme du permis de conduire, et des sujets qui n’ont pas été abordés sérieusement – la crise environnementale, financière, sociale. Lors de mon dernier passage sur France 2, j’ai été prioritairement interrogée sur le port du voile, j’ai dû insister pour revenir aux questions écologiques.

Estimez-vous avoir été maltraitée par les médias ?

Le rôle des journalistes à mon égard pourrait un jour faire le sujet d’une étude. J’ai été abondamment sollicitée sur des questions périphériques, telles que les rares critiques venues du camp écologiste. Et nul ne relève que j’ai rempli les salles comme personne auparavant chez les Verts. Nous n’avons jamais distribué autant de tracts. Il existe un angle noir dans la manière dont ma campagne a été couverte. Certains médias m’ont prise pour cible

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Pour la droite et le centre, l’arrivée du RN au Sénat : même pas peur !
Élections • 28 septembre 2026 abonné·es

Pour la droite et le centre, l’arrivée du RN au Sénat : même pas peur !

Des élections sénatoriales sous haute discrétion au palais du Luxembourg. La droite conserve sa majorité avec 127 sièges, mais l’extrême droite fait une entrée remarquée : RN-UDR passent de 3 à 14 sénateurs, ce qui leur permet de former un groupe autonome. Face à cette arrivée, les ténors de la droite et du centre affichent leur sérénité.
Par William Jean
Sénatoriales : face à la percée de l’extrême droite, les gauches perdent quelques plumes
Élections • 28 septembre 2026

Sénatoriales : face à la percée de l’extrême droite, les gauches perdent quelques plumes

Les socialistes restent le deuxième groupe, les écolos en conservent un, les communistes font réélire leurs sortants et les insoumis entrent enfin au Sénat. À gauche, rien n’a changé. Ou presque.
Par Lucas Sarafian
Budget : Sébastien Lecornu continue d’attaquer les arrêts maladie et braque la gauche
Santé • 25 septembre 2026 abonné·es

Budget : Sébastien Lecornu continue d’attaquer les arrêts maladie et braque la gauche

Le gouvernement multiplie les annonces sur le dossier brûlant des arrêts de travail. Il compte trouver deux milliards d’euros. Un objectif difficilement acceptable pour la gauche. Les socialistes ont d’ailleurs annulé les réunions prévues cette semaine avec les ministres concernés.
Par Lucas Sarafian
Au Sénat, le RN prépare son entrée par la petite porte
Politique • 23 septembre 2026 abonné·es

Au Sénat, le RN prépare son entrée par la petite porte

Le 27 septembre, le Rassemblement national pourrait investir le palais du Luxembourg avec un groupe d’élus issus de son parti et de l’UDR d’Éric Ciotti. Une présence numériquement limitée mais importante dans la stratégie d’implantation territoriale de l’extrême droite et dans ses relations avec la droite.
Par William Jean