Prison : Philippe El Shennawy a retrouvé espoir

En prison depuis 37 ans, Philippe El Shennawy avait cessé de s’alimenter le 23 mai après le refus de la cour d’appel de Versailles de lui accorder une libération avant 2032. Il pourrait bénéficier d’une liberté conditionnelle.

Jean-Claude Renard  • 24 juillet 2012
Partager :

Cela s’appelle une « peine d’élimination ». Qu’on s’explique : condamné à perpétuité en 1977 pour un braquage et une prise d’otages commis deux ans plus tôt, Philippe El Shennawy a vu la cour d’appel de Versailles fixer le 18 mai dernier sa libération en août 2032. Pas moins. Tel est le tarif pour ce condamné qui a déjà purgé 37 ans de prison, sans avoir tué personne, mais retors à l’administration pénitentiaire et à la justice, cumulant menus délits et brèves évasions. 37 ans : une bagatelle sans doute pour un flic comme le commissaire Broussard qui pensait flingue, geôle et pénitencier avant toute justice, orchestrant alors le procès El Shennawy.

Incarcéré à Poissy sous l’étiquette de « grand banditisme » et sous les verrous au titre de « détenu particulièrement signalé » (DPS), El Shennawy avait entamé, ce 23 mai, quelques jours après la décision de Versailles, une grève de la faim, comme un ultime recours face à l’acharnement des magistrats (qui a valu la condamnation de la Commission européenne des droits de l’homme).


À lire sur Politis.fr

-[Prison : l’urgence pour les proches de P. El Shennawy, décidé à en finir
->http://www.politis.fr/Prison-l-urgence-pour-les-proches,18866.html] (28/06/2012)

Le dernier combat de Philippe El Shennawy, après 37 ans de prison (22/06/2012)


Ce vendredi 20 juillet, il a recommencé à s’alimenter, après avoir obtenu de sortir du classement de DPS, et en attendant un « relèvement de peine de sûreté », dont le jugement sera rendu à l’automne. Plusieurs personnalités, telles Anouk Grinberg, Paul Pavlowitch, Olivier Wieviorka et Tzsetan Todorov ont manifesté leur soutien à cette condamnation à mort qui ne dit pas son nom, auprès de l’Elysée et du ministère de la Justice. Pour Christiane Taubira, c’est le moment de se manifester.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Marche féministe nocturne : « L’antifascisme est une urgence et une nécessité »
Reportage 8 mars 2026 abonné·es

Marche féministe nocturne : « L’antifascisme est une urgence et une nécessité »

Depuis 2020, la Journée internationale des luttes pour les droits des femmes est précédée d’une manifestation organisée de nuit par des collectifs plus radicaux et liés entre eux par la lutte contre l’extrême droite. En pleine montée du fascisme, ce moment se révèle d’autant plus précieux.
Par Anna Margueritat
Dans les Hautes-Alpes, la préfecture systématise des pratiques illégales contre des demandeurs d’asile
Enquête 5 mars 2026 abonné·es

Dans les Hautes-Alpes, la préfecture systématise des pratiques illégales contre des demandeurs d’asile

Depuis janvier, plusieurs dizaines d’interdictions de circuler sur le territoire français ont été délivrées à des étrangers souhaitant demander l’asile en France et n’ayant pas de titre de séjour dans l’Union européenne. Une pratique illégale criminalisant les personnes étrangères, que la préfecture peine à justifier.
Par Pauline Migevant
Candidats victimes de racisme : « Aux municipales, on doit souvent prouver beaucoup plus que les autres »
Enquête 3 mars 2026 abonné·es

Candidats victimes de racisme : « Aux municipales, on doit souvent prouver beaucoup plus que les autres »

Cyberharcèlement raciste, appels haineux et menaces de mort : à mesure que la campagne des municipales s’intensifie, les candidat.e.s non blancs sont pris pour cible. Des attaques qui révèlent le quotidien des candidat.e.s racisé.e.s en politique.
Par Kamélia Ouaïssa
En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées
Analyse 27 février 2026 abonné·es

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées

En centre de rétention administrative, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont de plus en plus nombreuses. Parfois arrêtées directement à la sortie de l’hôpital psychiatrique, elles risquent, une fois en CRA, d’être placées à l’isolement. Ce qui aggrave leur santé mentale.
Par Pauline Migevant