Espagne : le retour du séparatisme
Les indépendantistes confirment leur percée attendue au Pays basque. Un regain qui trouve un écho tout particulier dans l’Union européenne, avec la montée en puissance des « régions-nations ». Reportage.
dans l’hebdo N° 1224 Acheter ce numéro
Dans l’imaginaire espagnol, Hernani est avant tout la « capitale du territoire comanche [^2] », la place forte de la gauche radicale Abertzale. Des dizaines d’etarras (militants de l’ETA) ont grandi dans les rues de cette petite ville de 20 000 habitants, entre graffitis à la gloire de l’indépendance, manifestations hebdomadaires et incursions de la Guardia Civil. En 1995, elle fut le théâtre majeur de la Kalle Borroka – guérilla urbaine en langue basque –, marquée par de violents affrontements et près de cinq cents actes de sabotage recensés : destruction d’agences bancaires, de sièges de partis politiques, du commissariat de la police basque (Ertzainza), etc. Depuis, à Hernani, comme dans le reste du Pays basque, la politique s’est normalisée, tout particulièrement avec l’arrêt définitif de la lutte armée d’ETA à l’automne 2011. Les derniers scrutins locaux n’ont pas seulement signé la défaite retentissante des socialistes, ils ont vu le retour dans le jeu électoral des indépendantistes radicaux. Batasuna, accusée d’être la vitrine politique de