Jean-Pierre Rosenczveig : « Il faut distinguer les démarches éducative et carcérale »
Jean-Pierre Rosenczveig pose les enjeux et dresse les perspectives d’une autre justice pour les mineurs.
dans l’hebdo N° 1223 Acheter ce numéro
À la fois acteur et témoin, Jean-Pierre Rosenczveig n’a pas attendu l’ère Sarkozy pour dénoncer la politique de démantèlement de la justice pour mineurs, entreprise déjà sous Jacques Chirac. Il critique les lois successives, réduisant le rôle des juges et affaiblissant le travail des éducateurs, pour une réponse qui se veut essentiellement répressive, au détriment d’une jeunesse en souffrance.
Près de dix ans après la création des centres éducatifs fermés, quel bilan faites-vous ?
Jean-Pierre Rosenczveig : Ces structures ne sont pas tombées du ciel ; elles répondent à un manque. Dans les quinze années qui avaient précédé, la Protection judiciaire de la jeunesse et le réseau associatif ont laissé disparaître nombre de structures d’accueil de jeunes délinquants qui, sans devoir aller en prison, ne pouvaient rentrer chez eux. On avait donc besoin de lieux, et on a choisi les centres éducatifs fermés. À cela près qu’un centre éducatif reste ouvert tandis qu’une prison est fermée, et qu’on vous demande de contribuer à la protection et à l’éducation de quelqu’un. L’enjeu qu’il sorte ou pas n’est pas la priorité. Il faut distinguer la démarche éducative de la démarche carcérale, ce qui m’avait conduit à émettre des réserves sur le concept de centre éducatif fermé et son risque de confusion. J’ai toujours pensé qu’on doit pouvoir en sortir librement, quitte à en assumer les conséquences juridiques. Ces lieux ne doivent pas être un
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