Aurore Martin extradée

Cette militante basque a été remise le 1er novembre aux autorités espagnoles, alors que son activisme est légal en France.

Olivier Doubre  • 8 novembre 2012 abonné·es

Le 1er novembre, la France a remis à l’Espagne Aurore Martin, sur la base d’un mandat d’arrêt européen. La justice espagnole lui reproche son appartenance à Batasuna, un parti légal en France mais considéré comme la vitrine politique de l’ETA en Espagne, et d’avoir participé à ses réunions publiques au Pays basque espagnol. Manuel Valls pouvait-il empêcher son extradition ? « Informé de son arrestation », celui-ci a déclaré au Parisien (05/11) qu’il « n’avai [t] pas à intervenir » dans une « décision de justice »

Aurore Martin avait effet épuisé toutes les voies de recours, après que la Cour de cassation a rejeté, le 16 décembre 2010, son pourvoi contre l’arrêt de la Cour d’appel de Pau qui avait validé le mandat d’arrêt espagnol. En adoptant le mandat européen en 2004, la France a abandonné l’ancienne procédure d’extradition – qui exigeait l’incrimination des mêmes délits dans des deux pays. Comme le soulignait au lendemain de la décision de la Cour de cassation les auteurs d’une tribune sur lemonde.fr (dont Me Antoine Comte, André Vallini et Noël Mamère), cette nouvelle procédure « échappe formellement au gouvernement du pays qui reçoit la demande »  : la remise de la personne a « un caractère quasiment automatique et présente une forme purement judiciaire ». La position de Manuel Valls semble donc juridiquement justifiée. Toutefois, la police savait depuis longtemps où se trouvait Aurore Martin. On peut donc douter du caractère « fortuit » du contrôle routier qui a entraîné son interpellation.

Société Police / Justice
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