Dossier : Marseille 2013 : Les cocus de l'histoire

Marseille-Provence 2013 : Les cocus de l’histoire

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Comme toute manifestation de ce genre, Marseille-Provence 2013, dont l’inauguration a lieu ce 12 janvier, présente un double visage. La métropole du Sud exhibe des signes positifs de mutation. Le changement ne date d’ailleurs pas d’hier : au début des années 2000, l’arrivée du TGV a dopé la démographie et le chômage a fortement reculé. L’État et les pouvoirs locaux ont investi pour donner un lustre nouveau aux 450 hectares de façade portuaire. Avec le programme « Euroméditerranée », la ville fait du gringue aux investisseurs étrangers et se rêve en destination touristique. Un renouveau couronné en 2013 par une programmation culturelle foisonnante, qui doit faire de Marseille une mégalopole de rang européen.

Mais il y a aussi la face cachée d’une entreprise pour laquelle les communicants font feu de tout bois. Afin que la ville montre ses plus beaux atours, il a parfois fallu chasser les pauvres. Les quartiers les moins bien pourvus ont souvent été oubliés. Et la modernisation, synonyme d’opérations immobilières, a été accomplie au prix d’expulsions, ou, à tout le moins, de déménagements rendus obligatoires par un renchérissement des loyers. Marseille 2013 a donc ses « cocus », oubliés et pas contents… Le rêve contre-nature nie les identités singulières de la cité aux 111 villages. Marseille doit devenir une ville-marché comme les autres. De gré ou de force, le centre-ville doit parfaire son attractivité, avec la culture comme nouvel argument économique. Dans les quartiers pauvres, où l’on s’entre-tue pour une place dans les réseaux du trafic de drogue, les clairons du Marseille officiel sonnent comme une nouvelle manifestation de mépris.

Jeudi 13 décembre 2012, Euroméditerranée organisait une réunion publique
pour le second volet de son programme. Extraits:


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